Au lendemain des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar le gouvernement sénégalais a tenu un point de presse à la Primature pour réagir au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en licence 2 de médecine. Les autorités ont présenté leurs condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble de la communauté universitaire, promettant que « toute la lumière sera faite » sur les circonstances du drame
Les heurts ont éclaté lundi sur le campus social, où des étudiants manifestaient contre la fermeture des restaurants universitaires et contre des réformes liées aux bourses d’études. Les tensions ont rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés et provoquant d’importantes perturbations dans les activités académiques
Face à la gravité de la situation, plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres de la Justice, de l’Intérieur, des Forces armées et de l’Enseignement supérieur, se sont exprimés conjointement. Ils ont annoncé l’ouverture d’enquêtes pour déterminer les responsabilités exactes dans la mort de l’étudiant
Prenant la parole, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a essayé de désamorcer la polémique autour des aides sociales. Il a affirmé que « l’État ne doit aucun arriéré de bourses aux étudiants », expliquant que les paiements sont réguliers et que la réforme engagée vise surtout à adapter les allocations à la durée effective de présence des bénéficiaires dans les établissements. Selon lui, il s’agirait davantage d’« incompréhensions administratives » que de retards réels
Les autorités ont également lancé un appel au calme et à la responsabilité, invitant étudiants, personnels universitaires et forces de sécurité à privilégier le dialogue afin d’éviter de nouveaux débordements. Le gouvernement a assuré que des mesures immédiates seraient prises pour renforcer la sécurité sur le campus et garantir la continuité du service public universitaire
Ces événements interviennent dans un contexte de tensions persistantes dans l’enseignement supérieur sénégalais. Des mouvements de protestation similaires ont été signalés dans d’autres universités publiques du pays, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, où les étudiants dénoncent les mêmes difficultés liées aux conditions de vie et aux aides sociales
Alors que l’émotion reste vive au sein de la communauté estudiantine, l’attente se porte désormais sur les conclusions de l’enquête officielle, censée établir les circonstances exactes du décès et prévenir de nouveaux drames.
Marie Sow Dabo
Après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, le ministre de l’Enseignement supérieur appelle au calme et défend la réforme des bourses
