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Le judo sénégalais perd une légende : Ankiling Diabone s’éteint à 70 ans

Le sport sénégalais est en deuil. Figure emblématique du judo national, Ankiling Diabone est décédé ce jeudi 20 août à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, à l’âge de 70 ans, après plusieurs mois de maladie. Le natif d’Oussouye, considéré comme l’un des plus grands judokas de l’histoire du Sénégal, laisse derrière lui une carrière exceptionnelle et un rêve de retraite paisible à Sam-Sam qui ne se réalisera jamais.

Athlète le plus titré du judo sénégalais, Diabone avait confié en juillet 2025 au Soleil du Sud son souhait de voir achever la maison qu’il construisait, afin de vivre « entre le marigot, la forêt et [son] domicile », entouré de ses enfants et petits-enfants résidant en Europe.

La nouvelle de sa disparition a profondément touché Hortance Diédhiou, triple championne d’Afrique et l’une de ses plus illustres élèves. Très émue, elle témoigne : « Je suis plongée dans le chagrin. Ankiling était plus qu’un formateur : un père, un modèle, un mentor. C’est lui qui m’a transmis la rage de vaincre. » Elle révèle avoir récemment présenté au maître une jeune judokate, Marie Aguene Diatta, symbole de la relève, et préparait une surprise pour l’inauguration de son centre de judo prévue en décembre, où elle espérait sa présence.

Surnommé « Afambil » (le déménageur) à Oussouye et « Demeu bi » (le sorcier) sur les tatamis, Ankiling Diabone a marqué le judo continental. Il a remporté quatre titres de champion d’Afrique (individuel et par équipe en 1983, or en 1986 et 1987) ainsi qu’une médaille de bronze en 1984. Au national, il a décroché une dizaine de médailles d’or, en plus de brillantes performances lors de tournois en Afrique et en Europe. Il a également représenté le Sénégal à deux championnats du monde et une Coupe du monde.

En dehors de la compétition, Diabone a durablement contribué au rayonnement du judo en Casamance : conseiller technique régional dès 1985, enseignant, puis directeur du stade Aline Sitoé Diatta. La même année, il fonde le Judo Club Casamance, avec lequel il remporte quatre titres nationaux.

Avec la disparition d’Ankiling Diabone, le Sénégal perd un maître, un pionnier et un pilier de son histoire sportive.

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