
Face aux conseillers municipaux, aux agents de la municipalité, aux journalistes et aux populations, les responsables communaux ont dénoncé des opérations de déguerpissement et des attributions foncières jugées irrégulières, réalisées sans concertation avec la collectivité territoriale. Selon la mairie, ces pratiques menacent aussi bien les équipements publics que les populations les plus vulnérables.
Plusieurs cas préoccupants ont été évoqués. Il s’agit notamment de l’emprise du service de l’état civil, dont une partie serait revendiquée par un particulier souhaitant y construire une boulangerie. Dans le quartier de Khar Yalla, 22 familles vivraient dans l’angoisse d’une expulsion imminente à la suite de la présentation d’un titre de propriété par un tiers.
La municipalité a également dénoncé la situation du stade municipal, dont une partie aurait été cédée à des particuliers par la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré, ainsi que des emprises de voirie et d’espaces publics qui feraient l’objet de cessions jugées irrégulières.
Autre sujet d’inquiétude : le marché de porc de Bignona, seul marché spécialisé du Sénégal installé sur le site depuis 1989, qui serait menacé par l’attribution d’un bail sur une superficie de 500 m².
Face à cette situation, la commune appelle l’État à suspendre immédiatement toute nouvelle attribution foncière contestée, à procéder à un audit des titres et baux délivrés récemment et à associer systématiquement les collectivités territoriales aux décisions relatives au foncier.
La mairie insiste également sur la nécessité de protéger les populations contre les expulsions brutales et de privilégier le dialogue afin de préserver la stabilité sociale dans la commune.