La scène hip-hop sénégalaise est en deuil. Le rappeur Daddy Bibson, de son vrai nom Cheikh Bounama Coly, est décédé ce lundi aux États-Unis des suites d’un malaise, selon des sources concordantes.
Figure emblématique et pionnier du rap « Galsen », Daddy Bibson s’était imposé dès les années 1990 comme une voix majeure du mouvement hip-hop sénégalais. Révélé au grand public avec le groupe Pee Froiss aux côtés de Xuman, il a contribué à poser les bases d’un rap local engagé et revendicatif.
Après cette première aventure, il poursuit sa carrière au sein du collectif Rap’Adio avant de s’illustrer en solo avec des albums devenus des références, tels que Jassbu, Sant Rek ou encore Ay Jundiou. Son style incisif, son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance, les inégalités sociales et les préoccupations de la jeunesse ont marqué plusieurs générations.
Connu également pour ses clashs retentissants, il a contribué à instaurer une culture du débat dans le rap sénégalais. Au fil des années, l’artiste avait amorcé un tournant spirituel, adoptant le pseudonyme de Tidiani 733, avec des œuvres davantage orientées vers la réflexion religieuse et l’introspection.
Installé aux États-Unis depuis quelque temps, Daddy Bibson restait une figure influente de la culture urbaine sénégalaise. Sa disparition constitue une perte majeure pour la musique et la culture nationale.
De nombreuses réactions ont afflué sur les réseaux sociaux.
Des artistes comme Duggy Tee du groupe Positive Black Soul ou encore DJ Bara ont salué la mémoire d’un artiste « engagé et libre », dont l’héritage continuera d’influencer le rap sénégalais, africain et francophone.
Avec la disparition de Daddy Bibson, le Sénégal perd l’une des plumes les plus marquantes et les plus courageuses de son histoire musicale.
