Depuis sa création en 2010, l’école Étoile Brillante du Matin, située aux Parcelles Assainies unité 8, s’impose comme un acteur majeur dans l’éducation des enfants sourds et muets. Famara Mandian, son fondateur, explique sa démarche : « Je vis depuis longtemps avec des sourds et muets, et j’ai ressenti qu’il était de mon devoir de les aider. André Jackson Fuster qui m’a formé aux langues des signes, et c’est à partir de là que j’ai décidé de créer cette école. » Malgré des débuts difficiles, sans tables-bancs, ni autorisation d’ouvrir, il a persévéré, soutenu par des parents et des proches, dont son propre père.
Sous forme d’association (Association Universelle pour l’Épanouissement des Sourds et Muets) à ses débuts, l’école a enfin obtenu l’autorisation du ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Intérieur en 2024. Aujourd’hui, elle compte 04 enseignants pour une cinquantaine d’élèves répartis en six classes, du CI au CM2. Mais les défis sont nombreux.
« Le plus grand défi est la littérature, c’est un domaine où ils (les sourds et muets) rencontrent des difficultés importantes, notamment lors des examens, où les correcteurs peinent à distinguer leurs copies de celles des entendants », explique l’enseignant – formateur, Famara Mandian soulignant que « le manque d’interprètes lors des examens aggrave cette situation ».
« Nous avons un paiement mensuel de 10 000 FCFA par élève, mais il y a souvent des retards. Je ne peux pas les expulser, car certains parents sont dans une grande précarité », ajoute Famara prouvant ses difficultés financières récurrentes.
Pour améliorer les conditions d’enseignement et d’accueil, l’école est en constante recherche de solutions et de soutiens dont celui de l’État qu’elle n’a, d’ailleurs, jamais pu bénéficier malgré les promesses faites lors de rencontres officielles, comme celle avec le Premier ministre Ousmane Sonko.
Toutefois, les parents d’élèves et le chef de l’établissement espèrent qu’un jour l’État prêtera attention à leur cause. Car, « sans cette aide, beaucoup d’enfants sourds et muets risquent de ne jamais avoir les opportunités qu’ils espéraient », soutient Maréme Mbaye qui a vu ses trois enfants sourds-muets (deux garçons et une fille) s’épanouir au sein de cette école.