L’avocat s’est prononcé sur la procédure enclenchée par le Ministère de la Justice suite au rapport de la CENTIF relatif à l’affaire des 125 milliards
Me Ndoye a affirmé que la procédure engagée est régulière, mais il a exprimé des préoccupations quant au respect des droits de la défense, en particulier le droit de la personne concernée à être informée des faits qui lui sont reprochés. Bien que la CENTIF ait légalement le droit de mener des enquêtes sans consultation préalable, il a estimé qu’un impératif moral aurait dû prévaloir pour associer le mis en cause, vu la gravité des accusations.
Cependant, il a précisé qu’il n’a pas étudié le rapport de la CENTIF et, par conséquent, ne pouvait se prononcer sur son contenu. Il a rappelé que Farba Ngom, principal concerné, bien que déchu de son immunité parlementaire, demeure député, mais que la justice est désormais habilitée à mener des investigations sur elle. Si elle est convoquée, elle devra comparaître accompagnée de ses avocats, conformément aux règles de procédure.
Me Ndoye a également expliqué les changements notables intervenus dans la gestion des rapports de la CENTIF :
Avant la loi de 2023 : Les lois de 2004 et 2018 obligeaient le procureur, dès réception d’un rapport de la CENTIF, à le transmettre directement au juge d’instruction.
Après la loi du 20 août 2023 : Cette nouvelle législation a modifié le cadre procédural en introduisant un pool judiciaire financier composé d’un procureur financier et de juges spécialisés. Désormais, tout rapport transmis au procureur financier doit passer par une enquête préliminaire avant une éventuelle saisine du juge d’instruction.
L’avocat a adopté une posture prudente, rappelant qu’il n’avait pas accès au fond du dossier. Il s’est limité à commenter le cadre procédural et à souligner l’importance de garantir les droits de la défense dans une affaire d’une telle envergure.