Société

Genre et changements climatiques : une coalition nationale pour renforcer le pouvoir décisionnel des femmes

« Elles sont dans les instances. Elles n’y décident pas. », C’est par ce slogan qu’a été lancé, ce mardi à l’Hôtel Terrou-Bi de Dakar, la campagne nationale Genre et Changements Climatiques, portée par Natural Justice avec l’appui financier du Centre de recherches pour le développement international (CRDI).

La cérémonie a également consacré l’installation de la Coalition Nationale Genre et Changements Climatiques, qui regroupe une vingtaine d’organisations de la société civile, d’OCB, de GIE et de mouvements engagés pour une meilleure participation des femmes et des communautés à la gouvernance climatique.

Les données révèlent une faible présence des femmes dans les espaces de décision. Sur 331 membres de 24 organes étudiés à Bargny, Cayar et dans le delta du Saloum, seules 89 sont des femmes. À Bargny, elles représentent près de 30 % des membres, mais seulement 9 % des postes stratégiques.

Pour Sokhna Diéye Ka Dia, Directrice de Natural Justice, l’objectif est de dépasser la simple représentativité pour garantir aux femmes une véritable capacité d’influence. Oulimata Kébé, représentante des bénéficiaires, a appelé à renforcer la voix des femmes directement confrontées aux effets du changement climatique, notamment dans les zones côtières et les communautés de pêche.

La Dr Arame Tall, représentante de la Banque mondiale, a plaidé pour une gouvernance climatique intégrant davantage les réalités et besoins spécifiques des femmes. Au nom de la Commission nationale des Droits de l’homme, Abdoulaye Mar a rappelé que leur participation aux décisions constitue une exigence de justice, d’égalité et de respect des droits humains.

De son côté, Marie Gloriose Ingabire, Directrice du CRDI, a insisté sur l’importance des données et des connaissances pour soutenir des politiques climatiques inclusives. Le Dr Amadou Diaw, Directeur de cabinet du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a salué une initiative plaçant l’inclusion des femmes au cœur des réponses climatiques et appelé à une mobilisation collective.

Le défi reste important : seules 6 % des Sénégalaises disposent de droits fonciers reconnus. Dans la pêche, la production halieutique a diminué de 30 % à Bargny et de 33 % à Cayar en dix ans, fragilisant notamment les revenus des transformatrices.

La campagne prévoit des actions à Bargny, Cayar, Toubacouta et Sokone, avec des caravanes de sensibilisation en langues locales, ainsi qu’une opération de reboisement à la forêt classée de Mbao.

Cette sous-représentation dépasse le domaine climatique : le Sénégal compte seulement 18 femmes maires sur 558 communes, 3 présidentes de conseil départemental sur 43 et 4 femmes sur 30 membres du gouvernement.

À travers cette campagne, Natural Justice et ses partenaires ambitionnent ainsi de faire passer les femmes d’une présence symbolique à un véritable pouvoir de décision dans la gouvernance climatique au Sénégal.

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