Arrêté pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, Ardo Gningue a comparu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le parquet a requis une peine de six mois, dont trois mois fermes, contre le jeune opposant, qui a présenté ses excuses à la barre.
D’après Le Soleil, le prévenu avait été placé sous mandat de dépôt après une publication sur les réseaux sociaux où il interpellait le procureur de la République en des termes jugés désobligeants. Il reprochait au ministère public de ne pas avoir ouvert d’enquête contre le journaliste Pape Assane Seck, qu’il accusait d’avoir tenu des propos similaires aux siens.
Devant le tribunal, Ardo Gningue a tenté de minimiser la portée de ses déclarations, affirmant que le mot incriminé n’était pas une insulte, tout en reconnaissant qu’il s’agissait d’un « gros mot ». Face aux juges, il a exprimé ses regrets et évoqué des menaces reçues de la part de militants politiques.
Le substitut du procureur a fermement recadré le prévenu, dénonçant une tentative de « buzz » médiatique. Il a rappelé qu’il était possible d’interpeller la justice, mais dans le respect des institutions.
La défense a contesté la sévérité des réquisitions, estimant que la morale ne saurait se substituer au droit. Certains avocats ont plaidé la clémence, tandis que d’autres ont soutenu qu’aucun délit n’était constitué. Le tribunal rendra son verdict le 26 mars prochain.