Diplomatie

Sommet UA–UE à Luanda : l’heure de vérité pour le partenariat Afrique–Europe.

C’est un rendez-vous décisif qui s’ouvre ce lundi 24 novembre à Luanda. Près de 80 chefs d’État et de gouvernement des deux continents se retrouvent pour un sommet UA–UE placé sous le thème ambitieux : « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif ». Deux jours pour clarifier une relation stratégique qui peine encore à trouver son rythme.

Dès l’ouverture, deux grands enjeux s’imposent : la paix et la sécurité, avec l’examen des crises brûlantes – Ukraine, Soudan, Est de la RDC, Sahel – et les questions de migration, de citoyenneté et de mobilité, au cœur des préoccupations des populations africaines et européennes.

D’après RFI, c’est la troisième fois en 25 ans que ce sommet se tient en Afrique, après Le Caire en 2000 et Abidjan en 2017. Un symbole fort, alors que l’UE, par la voix d’Antonio Costa, dit vouloir un partenariat « robuste, équilibré et tourné vers l’avenir ».

Pourtant, beaucoup estiment que ce partenariat doit être repensé en profondeur. À Luanda, le professeur Pascal Saint-Amans le rappelle : « La relation Afrique–Europe doit être revisitée ». Selon lui, le temps est venu de rompre définitivement avec les logiques anciennes pour instaurer un rapport réellement égalitaire.

L’Union européenne mise d’ailleurs sur le Global Gateway, sa stratégie phare lancée en 2021, qui promet 300 milliards d’euros d’investissements, dont 150 milliards pour l’Afrique. Mais dans les coulisses, certains Européens mettent en garde : attention à ne pas réduire le partenariat à un simple calcul économique. « L’Europe, ce sont aussi des valeurs », glisse un diplomate, inquiet d’une tendance à délaisser la gouvernance et les droits humains, au moment où l’UE tente de se distinguer de la Chine et de la Russie.

Autre défi de taille : l’urgence humanitaire. En RDC, l’UE est devenue le premier bailleur, supplantant les États-Unis. Un basculement qui oblige à repenser l’équilibre entre investissement, aide et engagement politique.
« L’UE met plus l’accent sur l’économie et la sécurité, moins sur la démocratie », s’alarme Danny Singoma, de la société civile congolaise, qui appelle Bruxelles à ne pas renoncer à ses principes.

À Luanda, les dirigeants n’auront donc pas le droit à l’erreur : il leur faudra retrouver une vision partagée et définir ce que doit réellement être, demain, le partenariat Afrique–Europe.

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